LE MOT DU COMITE


SEPTEMBRE 2026


Lors de la réunion du 17avril 2026, il a été décidé que chaque mois, le "Mot du Comité" serait rédigé par un de ses membres, sur un sujet de son choix, pour exprimer une passion, un engagement, présenter un livre, un film,etc...

Ce mois-ci, c'est la Vice-Présidente, Brigitte TARDIVON, qui expose son goût de l'écriture.


                               ECRIRE…

 

Lorsqu’il m’a été proposé par Franck MOISY et Joëlle CORNU de rédiger un texte sur l’écriture et le plaisir d’écrire, je me suis tout de suite enthousiasmée.


Mais l’exercice s’est révélé bien plus complexe qu’il n’y paraissait au premier abord. En effet, pourquoi se mettre à écrire et comment cette aventure a-t-elle commencé ?


Première question et non des moindres, pourquoi écrire ?

On peut écrire pour soi, mettre à plat des problèmes que l’on rencontre et ainsi rechercher méthodiquement des solutions.

On peut écrire pour évacuer son stress, lâcher prise et se sentir mieux. D’ailleurs, les psychologues ne proposent-ils pas à leurs patients de noter leurs rêves, leurs désirs les plus profonds, leurs angoisses afin de s’en libérer ?

On peut également écrire pour témoigner, pour ne pas oublier et partager son expérience. Nombre d’anciens résistants, déportés, combattants… se sont appliqués à coucher sur le papier leurs souvenirs pour les transmettre à leurs descendants et aux générations futures afin qu’elles en tirent les enseignements.

Et bien entendu, n’oublions pas les historiens qui font un vrai travail de recherche pour rédiger l’Histoire avec un grand H, travail de longue haleine que, telle la broderie de Pénélope, il faut parfois défaire pour tenir compte de telle ou telle découverte modifiant le cours des évènements que l’on croyait pourtant bien définis.

Enfin, l’on écrit aussi pour se faire plaisir et faire plaisir aux autres. C’est sur ce registre que se placent les écrivains de fiction.


Propos à nuancer, car l’écrivain profite souvent d’une situation totalement inventée pour faire passer un message d’alerte. Pensons en particulier à 1984 de Georges ORWELL.

Ceux qui me liront ont peut-être envie de se mettre à écrire, sans savoir comment y parvenir. J’espère que mon expérience pourra leur être d’une quelconque utilité, sachant que de même qu’il n’y a pas deux personnes semblables dans ce vaste monde, il y a certainement mille moyens de réussir à réaliser son rêve.

En ce qui me concerne, je pense que ce désir d’écrire est intimement lié à cette soif inextinguible de lire et de m’évader du quotidien. En effet, depuis que je suis enfant, je suis une enragée liseuse avec une préférence pour les récits fantastiques et la fiction.

L’ouvrage qui a enchanté mes jeunes années a été sans conteste l’Odyssée, qui fut sans nul doute le déclencheur de cette passion dévorante pour les livres de fiction.

Peu à peu, mon cerveau s’est mis à fourmiller d’idées et je brûlais de l’envie de les coucher sur le papier. Mais elles flottaient dans un désordre incroyable. Chaque fois que j’essayais de les agencer pour en faire un texte, le résultat était plus que décevant. J’avais l’impression qu’aucun mot n’était susceptible de traduire toute la subtilité des sentiments dont je souhaitais émailler mon récit.

Imaginez un peintre qui réussirait certes à représenter un paysage, mais sans que celui-ci ne provoque la moindre émotion à celui qui le contemplerait.

La frustration était intense et pendant très longtemps, j’ai renoncé, me croyant incapable d’y parvenir.

Et puis, un jour, je me suis dit que sans méthode, je n’y arriverais pas et j’ai intégré un atelier d’écriture.

C’est à partir de ce moment que les choses ont commencé à se mettre en place. En effet, moi qui aime énormément cuisiner, eh bien j’ai découvert que, pour écrire, il y avait aussi des recettes que notre animateur, également auteur, s’ingéniait à nous communiquer.

D’exercices tout d’abord simples, par exemple faire parler un personnage imaginaire sur une situation donnée, nous sommes passés à plus complexe, comme donner la parole à un proche de ce fameux personnage et croyez-moi, ce n’est pas si facile qu’on le pense. Ou encore composer à la manière de…

J’ai appris aussi à me servir de tous les petits évènements de la vie quotidienne cocasses ou non, que je note soigneusement dans un carnet et qui ressurgissent parfois au sein de l’un de mes récits.


À ce jour, j’ai rédigé deux romans fantastiques, pour le moment réservés à ma famille et mes amis, travaillé avec les membres de mon atelier sur quatre ouvrages chorals publiés. En outre, j’écris des contes pour enfants et, croyez-moi, j’y prends un énorme plaisir.

 

Vous tous qui avez le désir d’écrire, je vous invite à ne pas hésiter un instant. Écrivez, effacez, recommencez, suivez la maxime de Nicolas Boileau que ma mère se plaisait à me répéter et avec laquelle j’ai tant agacé mes enfants pendant leur scolarité : « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse et le repolissez, ajoutez quelques fois et souvent effacez ».

Vous connaîtrez les affres de la page blanche, des moments de doute, mais aussi le bonheur de mettre des mots sur vos pensées les plus intimes et, si vous le souhaitez, j’aurai grand plaisir à vous lire.

 

                                                                Brigitte TARDIVON